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Art plastique et book d’illustrationBlog Lignes et Formations
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Nos élèves en illustration se posent souvent la question : Faut-il inclure certains travaux d’art plastique dans son book ?

Art et art appliqué

Les termes d’art plastique, art académique, art appliqué ne sont peut-être pas très clairs pour tout le monde. Mais on peut différencier les domaines de l’image dessinée en deux catégories :

L’Art plastique correspond à tout ce qui concerne l’approche plastique de la peinture : croquis, nus, paysages, peintures, portraits. C’est-à-dire le domaine du dessin « pour l’amour du dessin », de ce qui ne correspond pas à une commande liée à un moyen de diffusion publique à grande échelle.
L’Art appliqué correspond à tout ce qui concerne une commande effectuée pour un client (ou travaillé dans une optique commerciale), l’art appliqué à une utilisation industrielle, commerciale, éditoriale.

Etre ou ne pas être « bookable », telle est la question.

Lorsque vous présentez votre bilan de milieu de formation, vous pouvez présenter des travaux purement illustratifs, personnels ou devoirs, ainsi que des travaux plus académiques et classiques. Cet échantillon de votre travail permettra à vos professeurs d’analyser vos points forts et ceux qui sont à améliorer. N’oubliez pas d’ailleurs de montrer aussi votre travail personnel.
Mais ce bilan n’est aucunement un book.

Le book a pour vocation de montrer votre savoir-faire artistique personnel, appliqué à un secteur marchand.
Mettre une belle aquarelle de paysage n’a pas beaucoup d’intérêt pour l’éditeur qui est censé regarder ce book. Cela pourrait être intéressant pour présenter votre travail à une galerie par contre. Dans l’art plastique lié aux tableaux (ce que l’on pourrait appeler « art pur » mais c’est un peu prétentieux) on recherche du beau, de l’esthétique, ou/et une démarche créative innovante (installations, etc.).
Mais il n’y a pas à proprement parler de « réponse à un problème donné ».

illustration dessin

© Mathilde Richard

Un superbe portrait de Mathilde RICHARD, mais qui n’a pas une plus-value illustrative « bookable ».

illustration dessin

© Mathilde Richard

Par contre, dans cette illustration, le fait que Mathilde ait incorporé des petites fenêtres et portes imaginaires sur son service à thé, transforme avec habileté ce qui au départ était une nature morte académique en illustration. On s’attend à voir sortir de petits personnages de ces étranges habitations…

L’illustration est une réponse personnelle à une question précise

Dans la page « Plusieurs styles d’illustration BD » de mon site, vous pouvez voir différentes illustrations regroupées par thématique, à chaque fois, il s’agit d’une réponse à une problématique :

– Mettre en bande dessinée un reportage sur le marquage des requins
– Réaliser des cartes postales autour d’un thème pédagogique imposé
– Faire des croquis de story-telling sur des scénarios imposés pour des entreprises
– Créer des variations autour d’une mascotte
– Illustrer un livre jeunesse
etc.

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©Jean-Paul Aussel

Il n’y a pas, en illustration, d’image qui soit juste là parce qu’elle est jolie et qu’on avait envie de la faire. L’aspect esthétique, bien sûr très important, n’est qu’une partie de la réponse que l’illustrateur donne à son client. Client qui avait des attentes particulières : « on doit bien voir le passage du fil dans l’aileron du requin », « dans ma pédagogie, il est important de toucher la tranche d’âge des ados » , « le personnage de storytelling est un cadre, mais ne doit pas être trop raide », « mon logo doit être sympathique et avec du mouvement », etc.

Il y a plusieurs façons de répondre à ces demandes, autant que d’illustrateurs, mais ces contraintes de la part du client ne sont pas négociables.

L’illustration a toujours un rapport avec une narration

Qu’il s’agisse d’illustrer un moment précis dans une scène (comme en bd ou dans des illustrations pédagogiques) ou qu’il s’agisse de quelque chose de plus symbolique, il y a toujours une histoire autour de l’illustration.

Si on prend l’exemple de la mascotte perroquet réalisée pour une école de langue, l’histoire qui est évoquée n’est pas une scène à proprement parler. Néanmoins, dans la symbolique du mouvement, chaque perroquet évoque un univers que l’on peut identifier à un concert, une corrida, un match de foot, etc. On est dans le symbole, mais il y a une histoire sous-jacente.

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©Jean-Paul Aussel

Si nous reprenons l’exemple d’un paysage à l’aquarelle. Cette aquarelle ne raconte rien. Ce n’est pas une illustration. Rajoutons maintenant dans ce paysage une chaussure abandonnée, ou un livre avec une bouteille de vin dans un coin. Ah, cette fois nous sommes dans une scène : il s’est passé quelque chose avant cette image (ou il va se passer quelque chose après), cette fois cela devient une illustration.

illustration jeunesse

©Christelle Lecuret

Une très belle illustration de notre élève Christelle Lecuret, réalisée avec beaucoup de finesse à l’aquarelle. Son site : christelle-lecuret.com

Laissez partir vos enfants !

Bien sûr il y a des croquis, des exercices, des dessins académiques, des portraits dont vous pouvez être très fiers, et vous avez une forte envie de montrer ces « enfants » artistiques à tout le monde ; donc de les mettre dans votre book. Erreur !

Cela va donner un côté très scolaire à celui-ci, et le fait que vous dessiniez très bien votre petit neveu n’intéresse pas le directeur jeunesse auquel vous avez envoyé votre book en PDF. Gardez ces dessins, ou faites-vous un book « art plastique » strictement avec ce type de réalisations.

Le seul cas où votre book peut contenir des travaux de ce type, c’est lorsque qu’il s’agit plutôt d’un ensemble de travaux que vous présentez pour passer le concours d’une école qui demande explicitement ce type de « panaché » dans votre dossier.

Mais ne mélangez pas les genres, n’oubliez pas d’ailleurs que notre pays aime bien les étiquettes, et qu’il faut vous positionner en tant qu’illustrateur, pas comme « artiste ».

Jean-Paul Aussel

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    Publié par : le 10 Août 2015

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